Art Nouveau et art de la table

Aujourd’hui j’ai choisi de vous parler de la contribution de l’Art Nouveau aux « arts de la table ». De grandes signatures de l’Art Nouveau ont choisi de s’exprimer dans les domaines de l’argenterie et des objets de décoration en étain argenté. Alors que d’autres se concentraient sur les lampes, les vases ou les meubles comme Gallé et Majorelle par exemple, d’autres, comme Maurice Dufrêne , en France ou Peter Behrens ou Jozef Maria Olbrich, en Allemagne, choisissaient les arts de la tables.

En illustration, un service à thé et à café fabriqué par la firme Gerhardi & Co, vers 1904. Fondé vers 1814 à Lüdenscheid en Allemagne, les ateliers Gherardi se sont spécialisés en services de table et objets de décoration liés aux arts de la table. Toutes les créations de Gerhardi étaient réalisées en étain ou en étain plaqué-argent. A partit de 1902, Gerhardi s’est attachée uniquement à l’Art Nouveau en faisant appel aux grands designers de son époque tels que Albin Müller, Peter Behrens, Albert Reinman, Paul Hanstein et Maurice Dufrêne en France.

En concurrence avec deux autres grandes firmes allemandes travaillant dans le même secteur, Kayserzinn et Orivit, les créations très variées de Gerhardi connurent un énorme succès avant la première guerre. La firme évolua difficilement dans les années 1920, sans réussir à mobiliser de nouveaux designer plus en phase avec le goût du public pour le style Bauhaus et l’Art Déco et dut fermer ses portes en 1930.

L’autre grand nom de l’étain était Kayserzinn. La famille Kayser ouvrit, en 1862, une manufacture d’étain à Krefeld qui employait 400 ouvriers en 1899. Spécilalisée dans les objets de table et décoration, Kayserzinn (en fait J.P Kayser et ses fils) fit également appel à des designers Art Nouveau et connut un succès de masse plus considérable  que Gerhardi, dû à la brillance de l’alliage d’étain et d’argent utilisé, sans y mélanger de plomb, et au succès des modèles des créateurs dont le principal fut Hugo Leven (1874-1956) qui trouvait ses sources d’inspiration dans l’Art Nouveau français et le Jugendstil autrichien.

A la différence d’Orivit, Kayserzinn visait la production de masse et des objets d’usage courant tels que cendriers, chandeliers, plateaux etc…. à des prix accessibles à un public aussi large que possible.Les réalisations n’en sont pas moins réussies et ont connu l’apogée du succès entre 1899 et 1911. C’est à cette date que disparut Engelbert Kayser, le dernier dirigeant familial de la firme qui entama ensuite son déclin pour fermer ses portes en 1925.

En illustration ci-contre, une plateau (30cm x 24 cm) à fruits de mer, décoré aux angles de crabes et au centre d’anémones de mer. Tous les objets de Kayserzinn portent un poiçon avec le nom de la marque entourée d’un ovale et un numéro supérieur à 4000.

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